Esta performance es una invitación al juego, a participar confrontándonos con la tensión de ese silencio, con el hecho de no haber ninguna pauta predefinida explícitamente, con el abismo de esa libertad que Miss Beige nos brinda en un espacio tan íntimo como compartir secretos de alcoba en una cama. Estamos muy acostumbradas/os a que nos digan lo que tenemos que hacer, a que el guion esté bien definido. Incluso en el teatro más rompedor, cuando se supone que se abre un espacio para la participación directa de la recepción, actuando o haciendo algo más que mirar desde una butaca, acaban por decirnos o darnos instrucciones de lo que debemos hacer, de tal manera, que, al final, de lo que se trata, una vez más, es de ser obedientes y productivos. Sin embargo, Miss Beige, en Secretos de alcoba, no nos instruye, no nos pide, de manera implícita o explícita, que seamos obedientes. Nos deja libres y ahí, quizás, es donde radica el vértigo fascinante de esta performance.
El espectador será invitado a conocer a Miss Beige y a acostarse con ella alejándonos de la imagen de la mujer como mero objeto sexual. De nuevo, “el mirón”, que debe entrar en solitario o en grupos reducidos, se convierte en protagonista, teniendo que interpretar la insinuación. La vulnerabilidad del artista frente a la vulnerabilidad del espectador. Pero ¿quién mira a quién?
Dependerá del espectador lo lejos que quiera ir cuando se sienta provocado. Los límites los pone el espectador y las reflexiones también pero ya es hora de poner al público, si así lo desea, en una situación que no sepa controlar. El mirón también tendrá que jugar y arriesgar.
Hay muchas maneras de jugar y ser jugado y Miss Beige con su presencia coloca al espectador en una posición de sorpresa sin escapatoria.
Y TÚ, ¿TE ATREVES A SER BEIGE?
Cette performance est une invitation au jeu, une invitation à nous faire participer tout en nous confrontant à cette tension du silence, à l’absence de règles explicitement définies, à l’abîme que représente cette liberté que Miss Beige nous offre dans un espace aussi intime que celui où l’on partage des secrets d’alcôve. Nous sommes bien trop habitué(e)s à s’entendre dicter ce que nous devons faire, à ce que le scénario soit clairement défini. Même lorsque le théâtre le plus novateur, celui qui est censé ouvrir un espace propice à la participation directe du public, en l’invitant à agir ou à en faire plus que simplement regarder depuis son fauteuil, on finit par nous dicter ou nous donner des instructions sur ce que nous devons faire, de telle sorte que, au bout du compte, il s’agit, une fois de plus, d’être obéissants et productifs. Cependant, Miss Beige, dans « Secretos de alcoba » (« Secrets d’alcôve »), ne nous impose pas de consignes, ne nous demande pas, implicitement ou explicitement, d’être obéissants. Elle nous donne toute liberté et c’est peut-être là que réside le vertige fascinant de cette performance.
Le spectateur sera invité à aller à la rencontre de Miss Beige et à s’allonger avec elle, se détournant ainsi de l’image de la femme considérée comme un simple objet sexuel. Une fois de plus, « le voyeur », qui doit entrer en solitaire ou en petits groupes, devient le personnage principal et devra interpréter cette insinuation. La vulnérabilité de l’artiste face à la vulnérabilité du spectateur. Mais, qui regarde qui ?
C’est au spectateur qu’il appartiendra de décider jusqu’où il souhaite aller lorsque qu’il se sent provoqué. C’est lui qui fixe les limites et qui mène la réflexion, car il est temps de mettre le public, s’il le veut bien, dans une situation qu’il aura du mal à maîtriser. Le voyeur devra donc lui aussi jouer le jeu et prendre des risques.
Il y a de nombreuses façons de jouer et d’être joué ; Miss Beige, par sa simple présence, place alors le spectateur dans une situation de surprise dont il ne peut s’échapper.
ET TOI, OSES-TU ÊTRE BEIGE ?

París


